Posts filed under ‘Net et pas net’

Où sont les femmes ?

violencesEncore une journée internationale de l’alibi, ce 8 mars (1). En France, en moyenne, une femme meurt tous les trois jours des suites de « violences domestiques » (doux euphémisme). Coup de colère quand je pense, notamment, à cette loi sur l’autorité parentale conjointe, adoptée en 2002. Sans entendre les associations féministes ou les groupes d’aide aux femmes et aux enfants agressés dans un contexte familial.

Une loi qui ouvre (grand) la porte à la “ continuité du contrôle et du harcèlement du conjoint violent ” et autorise le juge, à ne pas tenir compte de la violence familiale au moment de l’attribution de l’autorité parentale. Qui ôte aux femmes le droit de s’éloigner et, de fait, les assigne à résidence. Qui soustrait leur droit de juger au quotidien des risques de nouvelles agressions. Qui nie tout simplement les plus récentes analyses sur le bien-être de l’enfant. Bref, une loi qui, sous la pression du lobby masculiniste, reconstruit le modèle de la famille patriarcale version 3e millénaire. En permettant de réduire les obligations matérielles des hommes et d’accroître leur pouvoir à l’égard des femmes et des enfants. Le retour de la loi du père, comme l’écrivent si bien Martin Dufresne et Hélène Palma dans leur étude (octobre 2002), à lire ici.

(1) Désolée pour les copines qui se fatiguent à organiser – avec talent d’ailleurs – le festival Impulsions femmes à Niort.

8 mars 2009 at 9:06 1 commentaire

Le service public est notre richesse

Je relaie, comme beaucoup d’internautes quoique avec quelque retard, l’appel lancé le 15 avril par la Fédération syndicale unitaire contre le dernier (sic ?) cheval de bataille du Sarkoland : la destruction programmée de notre service public. Qui peut encore prétendre que les choix du gouvernement au niveau national n’impactent pas les politiques locales ? Quand les Français comprendront-ils qu’avoir un service public de qualité, ce n’est pas une question de coût, mais bien un choix de société ?

Voici le texte :

150 000 jeunes qui sortent chaque année sans diplôme du système scolaire, une crise du logement sans précédent depuis les années 1950, des inégalités qui se creusent de façon dramatique, des enjeux environnementaux colossaux, le défi démographique, l’innovation et la croissance à la traîne… Dans un tel contexte, chercher à accroître l’efficacité de l’action publique, c’est mieux mettre en œuvre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Cela exige que la satisfaction des besoins essentiels soit reconnue comme un droit fondamental. Cela implique le choix d’une société solidaire, la maîtrise des biens communs et l’activité efficace de Services publics indispensables au développement économique, social et culturel. Face à la montée des inégalités, ils sont garants de l’exercice effectif des droits.
L’intérêt général a besoin de personnels dont la qualification soit reconnue, présents sur tout le territoire et non de salariés interchangeables et corvéables à merci ; de solidarité et non de concurrence ; de stabilité et non de précarité ; de sens des responsabilités et non de docilité ; d’indépendance et non de soumission aux intérêts particuliers. Toutes choses que le statut des fonctionnaires, mis en œuvre depuis la Libération, a contribué à réaliser.

Mais ce n’est pas du tout ce à quoi nous assistons actuellement : de fusion en restructuration, d’externalisation en privatisation et de flexibilité en précarité, une vaste opération de destruction des fondements du Service public et de la Fonction publique s’accélère sous nos yeux. La « Révision générale des politiques publiques » (RGPP) est le plus récent développement de cette campagne dirigée par le gouvernement, encouragée par le patronat et menée par des cabinets privés. Elle s’attaque frontalement à l’ensemble de la Fonction publique d’État, Territoriale et Hospitalière. Comme déjà dans d’autres secteurs (Poste, EDF, télécommunications, transports…), cela signifie la détérioration organisée des services rendus au public, ouvrant la voie à la privatisation des activités les plus profitables, à la disparition de nombreuses autres.

Contrairement à ce qu’il prétend, le Président de la République n’a reçu aucun mandat pour remettre en cause ces acquis essentiels. Avec son gouvernement, il considère l’action publique comme une dépense, jamais comme une source de richesse. Creusant les déficits par sa politique fiscale, il veut réduire au maximum les dépenses d’intérêt général dans les secteurs de la famille, du logement, de la santé, de la solidarité, de l’emploi formation. Il refuse de répondre par des créations d’emploi à la situation critique de l’hôpital public. Il programme de nouvelles coupes claires dans les effectifs de fonctionnaires de l’Etat (160 000 suppressions en quatre ans). Il décharge l’État de nombreuses missions en les renvoyant vers les collectivités territoriales sans pour autant leur donner les moyens de développer de vrais services publics locaux et démocratiques, programmant le corsetage de l’emploi public territorial.

Comme l’a clairement résumé le Premier ministre le 10 octobre 2007 « La réforme de l’État supposera que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’État sur son territoire. »

Nous ne l’acceptons pas !

Aux cotés des usagers, agents, élus, qui se battent quotidiennement pour le maintien et l’amélioration de services publics de proximité :

Nous sommes partisans d’une modernisation de la Fonction publique en réponse à l’évolution marchande, inégalitaire et destructrice de la société.

Nous voulons une véritable démocratisation de la décision, du contrôle et de l’évaluation associant citoyens et agents.

Nous voulons une réforme fiscale assurant un financement équitable et pérenne des missions de service public.

Nous réaffirmons que le statut des fonctionnaires est là pour garantir à tous les usagers la défense d’un intérêt général qui ne se réduit pas à la somme des intérêts particuliers.

Nous lançons un appel à une vaste mobilisation citoyenne pour mettre un terme à cette politique destructrice. Organisons un débat démocratique, sans a priori, sur les besoins en services publics, sur les rôles respectifs de l’Etat et des collectivités locales et la place des agents publics.

Contre la RGPP, rassemblons-nous autour des valeurs de solidarité, de justice et d’efficacité économique et sociale de tous les services publics.

Pour signer la pétition, c’est ici.

Liberté, égalité, fraternité… Ou je tire la chasse ?

Nota : la photo ci-dessus n’est pas un trucage, il s’agit de l’installation qu’un artiste norvégien a réalisée à Oslo.

29 avril 2008 at 23:46 Laisser un commentaire

Quelqu’un m’a dit

Parodie de Katerine parodiant… qui vous savez.

15 février 2008 at 0:29 2 commentaires

L’invité du dimanche : Olivier Bonnet

Olivier BonnetCe dimanche, j’ai choisi d’inviter quelqu’un de spécial, qui ne répondra pas à mes questions niorto-rock’n’roll : Olivier Bonnet, parce qu’il vient de suspendre Plume de presse. Malgré 4 000 visiteurs par jour et un excellent classement dans le petit monde des blogs (4e de la catégorie politique par Wikio). J’aimais bien les chroniques de ce journaliste engagé, précieux éclairages sur des sujets aussi divers que la laïcité en danger, le paquet-cadeau fiscal aux plus riches ou la hausse du gaz. Une lecture ô combien salutaire depuis quelques mois. J’avais bien compris l’objectif de cet « intellectuel précaire », comme on dit joliment (sic), qui accomplissait là un réel travail d’investigation et de recherche : écrire malgré tout, fut-ce gratuitement, « s’offrir » le support idéal (le sien). Un travail par ailleurs reconnu. Mais pas à sa juste mesure. Car dans le monde d’Internet comme dans la vraie vie – et malgré cette révolution qu’on nous vante depuis si longtemps – ce sont toujours les mêmes qui ont le choix et les armes : le nerf de la guerre.

Plume de presse est en sommeil, ses lecteurs en panne. Olivier Bonnet se consacre à l’écriture d’un livre, Sarkozy, la grande manipulation. On attend son retour avec impatience, il va nous manquer. Pour l’heure, on peut toujours le soutenir, ici.

10 février 2008 at 2:26 1 commentaire

L’affaire Guillaume Dasquié

daskoz.jpgGuillaume Dasquié, un journaliste en garde à vue… On en parle à la télé, à la radio ? Sais pas, je vis toujours dans ma bulle. Mais c’est depuis hier sur le Post de Birenbaum : « ou comment un journaliste doit livrer ses sources sous la contrainte et la menace, à la DST. »

Décidément toujours à la pointe de l’actu, Rue89 sortait l’info jeudi 6. Puis, le lendemain : « tes sources ou la taule ! ».

Revue de détails sur Daskoz, un blog créé spécialement par Gérard Willing. Extrait.

« Strengst Verboten [formellement interdit] d’aller débusquer les infos tout seul comme un « pro » (expression de Pierre Lazareff à la grande époque de France Soir). Se faire remettre des documents d’une quelconque administration par un obscur fonctionnaire — non mandaté pour les « fuiter » expressément — est un crime gravissime. « 

Protection des sources ? Petites connivences entre amis ? Comment envisager le journalisme dans ce pays ? « Le plus beau métier du monde, à condition d’en sortir » disait Albert Londres.

Mise à jour – 23 h

J’ai écrit ce billet vers 15 h, sans avoir vu la prestation de Guillaume Dasquié chez Paul Amar dans Revu & corrigé. Ni l’excellente analyse d’Arrêt sur images. Ni les faits retranscrits par l’intéressé sur le site de Géopolitique ou dans l’interview au JDD.

C’est pas rock’n’roll ? On vit une époque formidable.

9 décembre 2007 at 15:08 Laisser un commentaire

Quelle liberté de la presse ?

Encore un billet édifiant sur la crise actuelle de la presse, publié sur le réseau Voltaire : Nicolas Sarkozy corrompt publiquement de grands éditorialistes. Ce qui m’étonne toujours, c’est qu’avec ce puits sans fonds qu’est Internet, tout le monde le sait et personne ne réagit. Une manipulation des médias qui n’est pas sans rappeler les pires heures de l’ORTF sous De Gaulle.

voltaire-editorialistes.jpgOn nous confirme donc – pourrait-il en être autrement ? – qu’ont perdu toute objectivité (et leur carte de presse ? et la charte de déontologie des journalistes ?) les Jacques Attali, George-Marc Benhamou, Jean-Louis Bourlanges, Guy Carcassone, Jean-Claude Casanova, Jean-Marie Colombani, Olivier Duhamel, Yves de Kerdel, Éric Le Boucher, Myriam Lévy, Catherine Pégard, Marie Drucker, Christine Ockrent, Béatrice Schoenberg, Laurent Solly.

Comment ça, les Français n’ont pas confiance dans la presse ? Quand est-ce que les titres L’Express, Nice Matin, La Provence, Le Point, Le Monde, Le Figaro arrêteront de nous prendre pour des veaux ? Sans parler des radios et télés publiques France Culture, France Inter, France 3, France 2. Quant à BFM et TF1…

Je ne sais pas vous, mais moi cela fait un moment que j’ai boycotté les JT et la radio (sauf pour la musique). Bientôt la presse écrite ? Elle se réduit à peau de chagrin, celle que l’on a vraiment envie de lire. Parce que celle qui nous ressert la même dépêche AFP à tous les vents… Reste le net : ça fait 10 ans et plus qu’on nous dit que là se jouera l’avenir de la presse. A condition d’inventer d’autres modèles que ceux qui sont en train de se scléroser eux-mêmes. Non ?

1 novembre 2007 at 22:47 1 commentaire

Embargo sur la Liberté de l’Est

Arrêt sur imagesParfaitement décortiquée par le nouveau site d’Arrêt sur images, la drôle (??) de mésaventure de quelques journalistes de la Liberté de l’Est, qui ont (trop) bien fait leur travail lors du « Grenelle » lorrain à Epinal. Avec la sanction immédiate du préfet, qui leur ferme les portes des administrations du département… Une enquête de Romain Boutilly à lire ici.

Pour le reste, le nouveau ASI remplit mieux que bien son office !

Exemples :

comment Dailymotion censure les vidéos

une bagarre gagnant-gagnant chez Delarue

pourquoi on filme mais on ne diffuse pas chez Bataille et Fontaine

Et plein d’autres choses encore. Abonnez-vous, si ce n’est déjà fait !

26 octobre 2007 at 20:11 Laisser un commentaire

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