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Fumuj, le robot et les crevettes chinoises

Fumuj en résidence

The Robot and the Chinese Shrimp, deuxième album résolument électro des jeunes Fumuj, vient de sortir. Un opus taillé pour la scène qui a donné toute sa mesure à la Cigale la semaine dernière lors d’une soirée en compagnie des grands-frères d’Ez3kiel. C’est au Camji que les p’tits gars de Fumuj ont peaufiné leur show en février. Retour sur expérience.

Pourquoi avoir choisi Niort et le Camji pour cette résidence ?
En fait, c’est la galère pour trouver des résidences. Nous, à Tours, même si on a plein de groupes, on n’a pas de salles, surtout pour dix jours, c’est long. C’est Christelle, notre tourneuse, qui l’a trouvée.

Quels sont les objectifs de la résidence ?
L’album est prêt. Maintenant, nous devons caler le set, les arrangements, l’enchaînement des morceaux, le son, les lumières…

Avant, le sixième membre du groupe, c’était l’ordi. On l’a viré. C’était lui qui balançait tout sur scène, ce qui faisait la trame du concert. L’inconvénient, c’est qu’on était obligés de s’y tenir, ça ne laissait pas beaucoup de place à l’impro.

Comment vous êtez-vous senti sur scène pour ce premier concert ?
C’était typique d’une fin de filage, dans un endroit qu’on connaissait bien, comme un local de répétition.

On est un groupe « nature ». Le plus important pour nous, c’est de prendre plaisir à jouer et que les gens le voient. Des fois, les groupes masquent leur ennui par un jeu de scène, ce n’est pas notre truc, on ne fait pas du théâtre ! On a envie que les gens se dépensent, passent un bon moment. Dans un concert, tu te transcendes, parce que l’ambiance te porte. Ici à Niort, le public est attentif, sérieux. Mais on aurait aimé aussi qu’il soit un peu plus festif.

En dix jours, que retiendrez-vous de Niort ?
Pas grand-chose, à part le Camji et le FJT… On a bossé tout le temps ! Sauf qu’on a été super bien accueillis au Camji et que Niort est une jolie ville, mignonne.

Propos recueillis les 23 et 29 février au Camji. 

Fumuj concert

En cadeau bonux, la (courte) vidéo de fin de résidence.

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29 mars 2008 at 1:08 1 commentaire

L’invité du dimanche : Marcel Kanche

Marcel KancheCette semaine, dimanche rime avec Marcel Kanche. Pour mémoire, ce Niortais d’adoption est l’auteur qui a signé avec M, excusez du peu, les tubes Qui de nous deux et Divine Idylle de Vanessa Paradis. L’artiste s’apprête à sortir, le 18 février, un de ces albums magnifiques dont il a le secret, Dog songe. 10 chansons qui donnent le frisson, envie d’aimer la vie, la musique, le monde… Avec son ton aussi concis que percutant, le magicien des mots a bien voulu se prêter au jeu des questions pour Nice in Niort.

Qu’est-ce que tu fais à Niort le dimanche ?
Je vais à la messe du marché et je range le travail de la semaine.

Et sinon, les autres jours ?
Chacun de mes jours est à inventer.

Qu’est-ce que tu trouves “nice” à Niort ?
Niort est mon Nice.

Dog songeQu’est-ce qui est rock’n’roll à Niort ?
Rien et c’est pourquoi j’y suis bien.

Que faudrait-il pour que Niort soit plus rock’n’roll ?
Quand Niort sera rock’n’roll, je partirai et cela sera rock’n’roll.

3 février 2008 at 22:17 Laisser un commentaire

Herman Düne : géant

On les classe parmi les pionniers de l’anti-folk en France. Depuis la fin des 90’s, les Herman Düne cumulent une centaine de titres officiels sur sept albums… sans maison de disques. Jusqu’à Giant, sorti chez Emi à l’automne 2006, alors que l’un des pilliers du groupe, André, s’est installé à Berlin, sans assurer ni la promo ni la tournée. Beatniks des temps modernes, leur vie, c’est la route et la scène. Partout. Dans les bars, les rues, les salles. Le 12 octobre à l’Espace culturel Leclerc, Herman Düne a donné toute la force de son talent : solaire et généreux, prolifique et léger. Après le concert, David-Yaya (chant-guitare) et Neman (batterie) se prêtent avec nonchalance et gentillesse au jeu de l’interview par l’ingénue de service.

hermandune.jpgGiant est le titre de votre album, sorti l’an dernier. Géant… comme vous ?
Neman. On a pris ce nom car on a enregistré au Pays de Galle, dans un endroit mystérieux avec des histoires de géants, des contes. Et puis David, qui réalise toutes nos pochettes, avait envie de dessiner un géant. C’est David qui écrit les chansons.

Turner Cody a fait votre première partie et vous avez joué quelques morceaux avec lui. Ça vous arrive souvent ?
David. Oui, il fait nos premières parties depuis longtemps. On a souvent eu des premières parties qui ne nous allaient pas dans l’ambiance, ça ne met pas de bonne humeur pour jouer après (rires). On préfère prendre quelqu’un comme Turner Cody qu’on admire, c’est bien de pouvoir développer un truc avec quelqu’un quand on peut choisir.
On a enregistré sur ses trois derniers albums avec nos musiciens, c’est un plaisir et c’est pratique par rapport à l’installation des instruments quand on joue juste après. Mais même avec des gens avec lesquels on n’a pas l’habitude, on le fait, de jouer sur leur partie. Comme avec Julie Doiron ou Jeffrey Lewis.

C’est quoi les sujets qui inspirent vos chansons ?

David. Ce qui m’intéresse en fait, ce sont les chansons d’amour. En tant qu’auditeur aussi d’ailleurs. C’est le sentiment qui se marie le mieux avec les chansons.

Pourquoi ne chantez-vous qu’en anglais ?
David. J’aime ça. Je trouve ça beau. Je n’aime pas les chansons dans une autre langue, les musiques faites pour un territoire en particulier, comme s’il fallait qu’on s’adapte à la cible et au marketing. Par exemple dans cette salle, il y a plein d’affiches de groupes qui ne tournent que sur un territoire particulier. Je trouve ça déprimant. C’est sûr, si je faisais de la musique instrumentale, je ne me poserais même pas la question.
Neman. On a grandi avec la musique anglo-saxonne, nous n’avons pas d’affinités avec la musique française.
David. La musique française, ce n’est pas ce que j’écoute. C’est un milieu renfermé sur lui-même, et j’aurais trop peur de me faire renfermer avec les autres !

Justement, quelles sont vos influences ?
David. Essentiellement la musique américaine des années 1953-1973. Il y a une déferlante de groupes et de chansons incontournables, je ne pourrais pas les citer tous. Chuk Berry, Léonard Cohen, Bod Dylan, Hooker….

On se sent transporté aux États-Unis quand on vous écoute…
David. C’est un pays que j’adore à plusieurs égards. Et pour plein de raisons. Là-bas je suis un étranger puisque j’ai la nationalité suédoise, mais c’est là-bas que je me sens chez moi. C’est un pays qui nourrit facilement la création, où il n’y pas de formes établies. Contrairement à d’autres où la chanson est comme un patrimoine national…

Qu’est-ce qui vous inspire après tout ce temps pour écrire des chansons ?
David. Les mots eux-mêmes dans la langue anglaise, un agencement, des consonances. On croit savoir pourquoi on écrit et quelquefois, des années après, on se rend compte que non, ce n’était pas une idée. Juste jouer avec les mots.

Propos recueillis par Isabelle Jeannerot

14 octobre 2007 at 22:31 Laisser un commentaire

Mass Hysteria : retour aux sources

Après un album controversé en 2005, après avoir quitté son label (Wagram), Mass Hysteria revient sur la scène avec son gros son. Et la pêche. Mouss, le chanteur du groupe, explique comment.

Un album controversé en 2005, Mass Hysteria sans label… Comment avez-vous vécu ce passage à vide ?

On l’a vécu au jour le jour ! Après trois albums chez Sony, le contrat s’arrêtait. Nous nous sommes retrouvés sans maison de disque et finalement ce n’était pas si facile de retrouver un label. L’enthousiasme du groupe s’était un peu émoussé, il ne restait ni la flamme, ni la magie. On a fait un bilan, après sept ans de tournée non-stop on avait besoin de faire un break. Pour revenir les batteries chargées à bloc. C’était une période en demi-teinte. Petit à petit, l’envie est revenue. On a pris du temps pour s’occuper de nos enfants – nous sommes tous papas. Six mois à la maison sans rien faire.

mass-hysteria-02.jpg

On avait envie de faire mais sans savoir quoi. Je traînais à cette époque avec Miossec, il a écrit quelques textes pour nous (voir la vidéo).

 

On en a finalement gardé cinq. Moi, ça m’a débloqué pas mal de choses. C’était pendant la période du 21 avril 2002. Les textes de Miossec en parlaient alors que ce n’est pas son style, la politique. Il a mis là des choses qu’il pensait mais qu’il n’oserait pas chanter lui-même. Nous, on l’assume.

On a signé en 2004 chez Wagram, je pense grâce aux textes de Miossec, ça a mis un peu d’épices dans l’acceptation d’une signature ! En 2005, l’album sort. Noir. En plus plus il n’a pas de titre, c’est un album éponyme. Après coup, je trouve que ça dénote bien l’humeur du moment pour le groupe. On était dans l’introspection et l’intimisme, alors qu’avant nos messages étaient plus universels. La musique s’en est ressentie.

Comment le ressentez-vous aujourd’hui, cet album objet de beaucoup de critiques de la part de vos fans ?

Cet album noir, on l’adore finalement. On a envie de le défendre. Avant, on avait du mal ! Et c’était l’époque où le marché du disque se cassait la gueule. On a fait une bonne tournée en 2005-2006, on a commencé à recomposer avec une pêche d’enfer. Je crois qu’il fallait passer par ce creux, assimilé, assumé. Et Wagram n’a pas voulu du nouvel album.

Retour à la case départ, sans label, c’est un peu dur, non ?

On s’en fichait en fait, on était partis pour l’autoproduire. Ils nous ont demandé de faire plus rock, plus pop, alors ça nous arrangeait bien finalement de partir. Et puis, pendant l’enregistrement de l’album, At(h)ome est arrivé. C’est le label qui produit Lolofora, Kaolin, les Beautés vulgaires, Lazy, que des groupes de scènes. En plus, ils sont indépendants. Nous, on était motivés comme jamais. C’est un retour aux sources.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de composer à nouveau ?

Les dix ans qu’on vient de vivre : on a resigné le bail, pour dix ans encore j’espère ! Ce creux est arrivé après sept ans du groupe, c’est une durée symbolique, comme chez les couples. On vit une histoire d’amour avec Mass Histeria. On est toujours ensemble, on mange ensemble, on fait les cons ensemble. Tout ça s’était un peu essoufflé. Cet album noir nous a permis d’évacuer une espèce de spleen.

Une somme de détails, titre de cet album, ça veut dire quoi ?

Le titre de ce nouvel album, ça signifie : la vie est faite de détails, c’est un assemblage de petites choses, un chapelet de vie. Et le plaisir, il faut savoir l’attraper. Aujourd’hui, on n’a pas envie de s’arrêter, on ne s’est jamais embrouillés entre nous.

Comment vivez-vous le départ du guitariste, Olivier Coursier, qui a formé Aaron avec le succès que l’on sait ?

On est toujours en contact avec lui. Il s’occupe des machines, il travaille encore pour nous, pour le fun. On ne peut pas en vouloir à quelqu’un qui s’émancipe et trouve son épanouissement ailleurs. C’est lui qui a amené l’habillage pop et son piano à Mass Hysteria, il est créatif, c’est un vrai auteur-compositeur. Je lui souhaite bonne route. D’ailleurs, il jouera bientôt dans cette même salle (1).

Propos recueillis par Isabelle Jeannerot – photo : Alex Giraud

(1) Aaron sera à l’Espace culturel Leclerc le 26 octobre.

 

8 octobre 2007 at 16:03 1 commentaire


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