Posts filed under ‘Gribouillages’

Kisskill et la quête de l’oiseau du temps

Dans La quête de l’oiseau du temps, la célèbre série de Loisel et Le Tendre, elle apparaît dans le quatrième et dernier volume, L’œuf des ténèbres (1). Elle, c’est Kisskill, servante des dieux et gardienne de l’œuf de l’oiseau du temps, clé de cette BD culte. Kisskill, c’est le nom que j’avais choisi de donner à mon chat. Pendant 16 ans, elle a partagé ma vie, et puis… Kisskill s’en est allée ce lundi 7 avril à 19 heures. En dernier hommage, voici son interview imaginaire.

Qu’est-ce que tu fais à Niort le dimanche ?

Ma maîtresse et sa fille s’en vont le week-end à la campagne, elles ne m’emmènent pas souvent car je suis malade en voiture. Alors je dors, je les attends sagement.

Et sinon, les autres jours ?

Bah… un peu pareil ! Ce que j’adore, c’est essayer tous les lits, plus le canapé, le fauteuil, les coussins… Je suis du genre calme, je ne griffe pas ni ne mords, je ne réclame jamais ma gamelle, je fais des câlins… Je suis un chat parfait !

Qu’est-ce que tu trouves « nice » à Niort ?

Rien ! Je me suis toujours demandé ce que ma maîtresse trouvait intéressant ici… Avant, on vivait au vert, j’avais un terrain de chasse gigantesque, près des champs et de la forêt. Ici, c’est riquiqui, tous les chats du quartier s’invitent sans mon autorisation, ils sont si mal élevés ! Et puis, c’est plein de voitures qui polluent et font du bruit.

Qu’est-ce qui est rock’n’roll à Niort ?

Je ne saurais dire et vraiment cela ne m’intéresse pas. Cette musique de sauvages me fait fuir.

Que faudrait-il pour que Niort soit plus rock’n’roll ?

Je préfère ne pas y penser !

(1) Evidemment, c’était avant que ne sorte, 10 ans plus tard, un deuxième cycle…

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10 avril 2008 at 2:37 Laisser un commentaire

Noël trash

Dans un mois c’est Noël et revoilà comme chaque année la vague de marketinge tout dégoulinant qui me donne envie de ruer dans les brancards.

Voici mes idées saugrenues pour un Noël trash, à offrir à vos amis qui ont de l’humour. Pas mal aussi pour vexer ceux qui n’en ont pas (ou pour un cadeau empoisonné, c’est selon).

Au rayon des livres, qu’on trouvera certainement à la Librairie du Pilori. Et sûrement aussi, en moins cher, n’importe où ailleurs sur le net, mais sans l’avantage de voir rougir la vendeuse.

51zg755t1jl_aa240_.jpgComment chier dans les bois. Derrière (c’est le cas de le dire ?) ce titre provocateur on reconnaîtra le célèbre best-seller de Kathleen Meyer. Un livre culte, tendance écolo radical, scato et désinvolte sur cet « enjeu majeur » de notre temps.

Sans rapport avec ce qui précède – malgré son titre – Les Merdophages, de Guy Tassigny. Extraits : « Le merdophage est donc une créature qui se nourrit et qu’on nourrit intellectuellement, moralement, spirituellement d' »aliments » n’ayant qu’une valeur quasi-excrémentielle. » (…) Il faut absolument empêcher les merdophages de penser. » (…) « J’en ai assez des inepties des journaux, du cinéma et de la radio. Je suis excédé par le mensonge tantôt arrogant, tantôt doucereux, qui ruisselle, qui dégouline dans tous les actes de l’existence, qu’on nous distille ou qu’on assène à tout propos et hors de propos. » Fichtrement d’actualité dans ces temps de formidable soupe, non ? On peut encore trouver d’occasion, sur des sites comme Chapitre ou Ebay, ce pamphlet édité chez Ocia. C’était en 1946, il y a… plus de 60 ans. Les temps changent ?

art_5349.jpgPour rester dans le même registre : L’Art de péter, chez Payot. Un classique (1751) de Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut. Qui porte le sous-titre suivant : « Essai théori-physique et méthodique à l’usage des personnes constipées, des personnes graves et austères, des dames mélancoliques et de tous ceux qui restent esclaves des préjugés ». Sans commentaire.

Sinon, c’est Niortais, pas cher (10 euros) et ça rapporte rien à part un grand éclat de rire : le porte-clés en métal mabitemonkouto du sculpteur Thierry Quitté, celui-là même qui a commis avec Les Vernisseurs Le plus vieux spectacle du monde.

24 novembre 2007 at 21:46 Laisser un commentaire

I had a dream

J’ai 16 ans. J’ai 16 ans et je veux vivre. Furieusement. C’est pour ça que j’ai planté la grande fourchette, celle à trois doigts, dans le cœur de papa. C’est comme ça qu’on fait il paraît pour les éliminer. Maman, sœurette et moi, on se regardait muettes d’horreur quand il a commencé à faire une entaille à chacun de nos doigts. Oh, une toute petite marque, chacune notre tour, avec une application délicieuse, ses yeux flamboyant d’une lueur jaune. Il a replié le manche de corne de son Laguiole et a contemplé son œuvre, satisfait de notre silence. C’était dimanche, maman avait mis les petits plats dans les grands.

Mais c’est quand ses yeux ont lancé des éclairs, quand j’ai senti la maison vaciller sur ses bases que j’ai décidé de réagir. Je me suis levée de table tranquillement, pour aller dans la cuisine. J’ai calmement empoigné l’ustensile et, sans prendre le temps de réfléchir, je l’ai plantée à l’endroit du cœur. Sans un remords.

Maintenant, on voit ses oreilles pointues reprendre leur forme d’origine, et un liquide vert épais s’écoule de la plaie. Il me regarde d’un air interdit et, durant un instant trop bref, je vois qu’il a compris lui aussi qu’il s’était fait avoir. A sa façon de fermer son regard au monde, avec lenteur, je sais que c’est ce qu’il voulait que je fasse.

Dehors, la pluie s’égoutte sur les feuilles des noisetiers, un grand feu se dresse au milieu du jardin. Mes oncles et mes tantes sont là pour poursuivre le rite et brûler le corps sans vie de mon père avant que le démon aux yeux jaunes ne s’implante dans un autre être. La parade grotesque que nous dansons tous autour des flammes se voile de gris tandis que la pluie redouble. On sait tous qu’il fallait le faire. Il n’y avait pas d’autre choix.

Comme des centaines avant lui, mon père a payé de sa vie sa résistance à l’esprit silencieux qui s’est emparé du pays depuis le 6 mai. Le cœur lourd, nous recueillons ses cendres pour les disperser au gré des vents, ainsi qu’il l’aurait voulu.

Dans la descente à-pic de la rue des Vallées, ma 4L file à tombeau ouvert. Les freins ne répondent plus. Je sais que j’ai perdu à mon tour.

5 octobre 2007 at 19:01 Laisser un commentaire

Niort j’adore

Longtemps, je me suis sentie assignée en résidence à Niort. Echouée avec enfant et sans bagages sur les bords perdus de la Sèvre. Par mon job d’abord, la décision d’un juge ensuite.

Longtemps, je me suis sentie orpheline du macadam parisien. De ses pavés mouillés après la pluie, de ses petits matins blêmes au sortir des concerts. Ici, la vie est si calme, parfois trop. Il y a des jours où même les embouteillages et la pollution me manquent (si si !). Et comme tout le monde connaît tout le monde, j’ai parfois le sentiment de vivre sous surveillance : impossible de sortir la mise en désordre et le cheveu décoiffé !

Désormais, plus rien ne me retient ici. Rien ? Tout !

Parce que, dans la capitale des mutuelles, la vie est tellement facile : on a tout sous la main. Les services et les commerces à 10 minutes à pied, le supermarché et le véto à trois tours de roues, les balades en campagne ou à la mer quand on veut. Sans oublier un paysage culturel dont on n’a pas à rougir pour une ville de province. Avec notamment une programmation musicale hors des sentiers battus, que ce soit au Camji ou à l’Espace culturel Leclerc, mes deux salles préférées. Une prog que d’ailleurs même mes amis parisiens m’envient…

Et puis, dans mon travail ou dans mes loisirs, j’ai rencontré beaucoup d’honnêtes gens. Certains sont devenus de vrais amis. Entre les Niortais et moi, qui a apprivoisé l’autre ? Je ne saurais dire. Mais pour la première fois depuis que j’ai quitté ma grande maison de Seine-et-Marne, je me sens enfin chez moi quelque part. Ici.

PS : Niort j’adore, c’est aussi le titre d’un billet de Jam’s Brain, dont je me demande encore s’il faut le prendre au premier ou 25e degré…

Couverture de Martine aime Niort réalisée avec le Martine cover generator.

4 octobre 2007 at 15:20 Laisser un commentaire


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