DFMB : un son d’enfer venu de Niou-Niort

Don't forget my breakfast l'album

Don’t forget my breakfast l’album

J’entrouvre exceptionnellement une fenêtre dans ce blog un-peu-beaucoup mort (1) pour évoquer mon coup de cœur du moment : le premier concert de Don’t forget my breakfast. DFMB de son petit nom, c’est le projet solo de Manu Masko, celui à qui les Niortais doivent un peu de la lumière des celtiques de Red Cardell. Le batteur du groupe breton, dont la grande carcasse et la Yamaha (rouge, isn’t it ?) ne cessent de me rappeler feu mon ami Coche, raconte avec DFMB l’histoire improbable d’un croissant, jaune évidemment, qui devient une star à New York. Croustillant, doré et en plastique.

Touriste émerveillé par la grande ville où on ne dort jamais, DFMB nous livre les pérégrinations musicalement noctambules du french croissant au pays de la grosse pomme. Dès la première écoute du CD démo, j’avais accroché au concept de ce son non identifié qui flirte avec malice entre le groove et le funk, le jazz-club des années 30/50 et l’électro d’aujourd’hui. Excellente impression confirmée à la sortie de l’album, fin février chez Keltia. Voici 10 titres qui nettoient l’hiver et donnent des fourmis dans les jambes, 10 titres nourris de multiples influences et de pure énergie. Faut dire qu’il a su s’entourer le garçon : 8 musiciens (dont une puissante section cuivres et le fameux Joël Grizeau à la guitare) et 2 chanteuses, l’ingénieur du son Ariel Borujow au mixage et Jimmy O’Neill, le chanteur des Silencers, à la co-écriture des textes.

Après avoir suivi les aventures humoristiques du p’tit croissant niortais du métro new-yorkais à la plage en passant par l’Inde, les Niortais l’attendaient de pied ferme pour son premier concert pendant Nouvelles Scènes. D’autant que la web série Once upon a DFMB tournée sous la houlette du sieur Simonnet avec Titus en guest a commencé à faire le buzz sur le net. Et que même la rédaction du JT local lui a ouvert l’antenne (à partir de 12:42).

Manu Masko à la batterie

Manu Masko à la batterie : on dirait pas un p’tit croissant,
là, dans la grosse caisse, sur la gauche ?
Niort – 21 mars 2013

Hier soir, c’est donc dans une salle du CAC transformée en club pour l’occasion que les mens in black – avec leurs cravates brodées au croissant ! – et les deux pimprenelles toutes de rouge vêtues ont déroulé le fil de cette histoire étonnante, appuyée par des images vidéos inédites en fond d’écran. C’est l’histoire d’un musicien qui, à l’aube de la quarantaine, va jusqu’au bout de son rêve, avec force talent et néanmoins humilité. Le plaisir communicatif de jouer et de partager, l’évidente complicité dans les regards, la satisfaction du travail (bien) accompli étaient au rendez-vous de cette première prestation et le public survolté ne s’y est pas trompé. On attend la suite avec impatience et on souhaite au french croissant de se faire une (belle) place au soleil.

Au fait, les Niortais trouveront le disque à la Librairie des Halles ou chez Michel-Edouard, les autres sur le site de la Fnac.

(1) J’en demande même pas pardon à mon 0,25 lecteur trimestriel qui s’en fout comme de son premier modem. Pour les réclamations, doit y avoir mon mail quelque part sur le site.

22 mars 2013 at 22:12 3 commentaires

Niort aux Guignols

C’est un peu refroidi depuis, mais la question méritait d’être posée : Niort c’est quoi ?

Aux Guignols de l’info, le 10 novembre, les Sylvestre et Stallone répondaient : « On est restés une semaine à Niort et on sait toujours pas à quoi ça sert. »

Qu’ils se rassurent… les Niortais non plus !

2 décembre 2011 at 12:22 Laisser un commentaire

My Secretary aux Jeudis : peut mieux faire

My SecretaryUne fois n’est pas coutume, je vais faire dans le politiquement incorrect et sacrifier à la sacro-sainte règle du « on ne touche pas à ce qui vient de chez nous, tout le monde il est beau il est gentil au pays de Oui-Oui Niort ».

Pour le 4e jeudi de l’été, nous avions donc rendez-vous avec les jeunes popeux de My Secretary. Un rock incisif aux influences new wave nous promet-on, qui plus est 100% Niortais. Alors que papa Barbotte avait ouvert tout grand les colonnes du journal, la sauce indie maison n’a pas pris sur les pelouses du CAC. La faute à une météo incertaine, voire certainement frileuse, à un son brouillon avec une basse quasi inaudible, à un mixage sorti du tourne-disque de grand-papa, à des lumières, comment dire… je n’ai pas vu la lumière, y’en avait ?

On est loin du gros son de Red Cardell début juillet et de sa joie de vivre communicative, du partage avec l’étonnante fanfare du Bagad du Moulin vert sous l’œil ravi des spectateurs. Sans doute est-ce crispant de se produire devant les amis et les parents, les collègues et les voisins, la boulangère et le percepteur, la hype niortaise et les promeneurs indifférents… Il manquait ce soir à My Secretary cette envie de faire de la musique ensemble, ce supplément d’âme indéfinissable et le goût de s’amuser avec le public pourtant tout acquis qui est resté comme gelé sous les nuages, en attente d’une grâce qui n’est pas venue. Il manquait encore une certaine habitude de la scène, et cette sorte d’alchimie que d’aucuns nomment le talent…

En comparaison, au changement de plateau, Djak prend les commandes avec une déconcertante facilité, effaçant d’un riff d’un seul toute déception bue (au fond des verres). Avec leur look improbable de 4 garçons pas dans le vent, les Angevins déroulent une pop enlevée et joyeuse qui dessine des sourires sur les visages et fait danser dans l’herbe.  C’est gai et coloré, simple et efficace, ça coule de source dans les oreilles et dans les veines, et on comprend mieux pourquoi le groupe est considéré comme « une valeur montante de la french pop ».

Deux groupes prometteurs, nés la même année (2007), mêmes tranches d’âge, même configuration (2 guitares 1 basse – batterie) et jusqu’au même guitariste s’essayant au clavier… La comparaison s’arrête là. Les uns se la jouent à la maison, les autres prennent plaisir à jouer et ça se voit. C’est ce qui fait toute la différence.

EDIT 6/8/2011 : et un diaporama de la Nouvelle République, un ! (merci papa) – crédit photo NR Jean André Boutier

5 août 2011 at 4:09 Laisser un commentaire

Par ici la culture ?

La Nouvelle République 27 01 2010Presque deux ans que je me posais la question, à l’invitation du Front de libération niortais : où va la culture à Niort ?

On dirait que, depuis, beaucoup d’eau a coulé sur la barque de Buraglio (toujours pas réapparue d’ailleurs). Comme si le mot « culture » n’était plus soudainement un vilain gros mot à Niort ! Même la Nouvelle République du jour titre : « L’an 2 de la révolution culturelle niortaise », on croit rêver dans nos chaumières. C’est bien de Niort dont on parle, là ? Ou serait-ce l’effet magique du pistolero Marjault ?

Et qu’avons-nous vu ces derniers mois ?

– Une enseigne et une réelle visibilité pour mes chouchous du Camji, qui va cette année L'enseigne du Camjifêter ses 10 ans. Avec des résultats enfin à la hauteur du formidable travail accompli par l’équipe et les bénévoles. Et puis, cette enseigne indispensable, elle interroge, questionne, hébète même… Elle est surtout très belle.

– Des créations et non des moindres : un service culturel (disparu depuis 10 ans), les assises de la culture annuelles avec un compte rendu exhaustif (60 pages quand même !), un forum permanent de la culture, un chapiteau pour les quartiers…

– L’arrivée du 9e Centre national des arts de la rue à Boinot, inauguré le 20 juin 2009 lors d’une grande fête populaire.

– Deux nouveaux festivals viennent s’ajouter au vent de printemps de Nouvelles Scènes : Takavoir (films sur mobile) et Téciverdi (festival de la diversité biologique et culturelle).

– L’ouverture du Pilori comme lieu d’exposition permanent avec des artistes payés, une première en France pour une collectivité. Et 10 000 visiteurs dans l’année.

Inauguration du CnarMais jusqu’où s’arrêteront-ils, ces « fous volants » de l’équipe Gaillard ? Pourquoi faire de la culture une priorité ? Parce que « la politique culturelle, quand elle est menée avec certains principes forts – la coopération, le risque de l’innovation, le défi de la démocratisation culturelle peut constituer en partie une réponse à la crise sociale. » Dixit Marjault.

Niort, une ville qui bouge ? J’entends déjà les petites voix qui s’élèvent pour rétorquer : « arrête de rêver ! » Et pourquoi pas ?

Crédit photos : site internet mairie de Niort

28 janvier 2010 at 0:48 Laisser un commentaire

De Nice in Nice à Nice in Niort

Cela fait 20 ans et des (grosses) poussières que j’écoute les Stranglers (un bon résumé de leur carrière ici). Sans me lasser. Je pourrais presque dire que c’est mon groupe préféré (s’il n’y avait aussi Police, Queen, Genesis, the Floyd et tant d’autres…).

C’est d’ailleurs la chanson Nice in Nice (Dreamtime, 1986) qui m’a inspiré le titre de ce blog.

Revue de vidéos.

Shah Shah a gogo (The Raven, 1979)

Big in America (Dreamtime, 1986)

Peaches (Live Battersea Park, 1978)

Live in Paris, 1979

Bien sûr qu’ils sont – aussi – passés à Niort, en 2004 (merci qui ?). J’avais en mémoire leur désastreuse prestation du Zénith dans les 80’s et je m’étais juré qu’on ne m’y prendrait plus. Et puis, même fatigués, voire asthmatiques, ils assurent les mens in black…

14 mars 2009 at 9:27 Laisser un commentaire

Où sont les femmes ?

violencesEncore une journée internationale de l’alibi, ce 8 mars (1). En France, en moyenne, une femme meurt tous les trois jours des suites de « violences domestiques » (doux euphémisme). Coup de colère quand je pense, notamment, à cette loi sur l’autorité parentale conjointe, adoptée en 2002. Sans entendre les associations féministes ou les groupes d’aide aux femmes et aux enfants agressés dans un contexte familial.

Une loi qui ouvre (grand) la porte à la “ continuité du contrôle et du harcèlement du conjoint violent ” et autorise le juge, à ne pas tenir compte de la violence familiale au moment de l’attribution de l’autorité parentale. Qui ôte aux femmes le droit de s’éloigner et, de fait, les assigne à résidence. Qui soustrait leur droit de juger au quotidien des risques de nouvelles agressions. Qui nie tout simplement les plus récentes analyses sur le bien-être de l’enfant. Bref, une loi qui, sous la pression du lobby masculiniste, reconstruit le modèle de la famille patriarcale version 3e millénaire. En permettant de réduire les obligations matérielles des hommes et d’accroître leur pouvoir à l’égard des femmes et des enfants. Le retour de la loi du père, comme l’écrivent si bien Martin Dufresne et Hélène Palma dans leur étude (octobre 2002), à lire ici.

(1) Désolée pour les copines qui se fatiguent à organiser – avec talent d’ailleurs – le festival Impulsions femmes à Niort.

8 mars 2009 at 9:06 1 commentaire

Les goûts et les couleurs

site-vanLe site internet de la mairie de Niort a fait peau neuve. On aime (ou pas). Toujours prompts à dégainer, nos jeunes amis de l’UMP n’apprécient ni le rose ni le noir. C’est leur droit… Les goûts et les couleurs, hein, ça ne se discute pas. Moi, par exemple, leur photo façon « Les Experts » mal détourés, ça me laisse sans voix.

Post scriptum qui n’a rien à voir – Pardon à mon 0,2 lecteur mensuel pour cette longue absence (quasi insoutenable…).

24 février 2009 at 9:18 2 commentaires

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