Posts filed under 'Concert chroniques'

Fancy fantaisie

Fancy

L’autre soir donc, je suis allée à l’Espace culturel Leclerc pour voir les Hushpuppies. En entrée de plateau, le premier groupe, Friction, ne m’a pas vraiment convaincue, avec son electronika-rock-punk qui “tourne en rond sans jamais démarrer”, comme dirait mon pote le pianiste de jazz (JPA, si tu passes par là…). Au deuxième round, c’est Fancy qui crée la surprise. Déjà avec son look glam de Drags sans talons mais à paillettes et fanfreluches, qui a d’ailleurs séduit aussi bien le magazine Elle que Jalouse avec cette chouette photo de Mondino (ci-dessus). Ensuite grâce à un son propret et la voix haut perchée de Jessie Chaton (ça s’invente, un nom pareil ?), des débuts salués par tous les chroniqueurs spécialisés : Rock & Folk, Inrock, Trax ou Technikart. Il y a chez ces p’tits gars comme un son Marshal d’AC/DC, un rien de provoc à la Kiss granguinol, un soupçon du génie baroque qu’on aimait chez Queen. Enfin et surtout une vraie “rock’n'roll attitude” et une énergie vite communicative. Quand Friction nous avait presque endormis, en deux-trois chansons Fancy a réussi l’exploit de se mettre le difficile public niortais dans la poche. Avec un premier album, Kings of the worlds, dans les bacs depuis octobre dernier, Fancy semble paré pour conquérir le monde.

Fancy Niort

Après le concert, retour sur Terre et interview express avec Jessie Chaton (chant) et Rae Mone (basse).

Vous venez d’où ?
De région parisienne, à Montreuil exactement, dans le 9-3.

Votre label ?
Exclaim, du groupe BMG/Universal.

Votre nom ?
Fancy, c’est une lubie, une envie, une fantaisie… Le mot semble avoir été créé pour nous !

Vos âges ?
Dans le monde de Fancy, tout le monde a 17 ans.

Votre secret ?
On ne boit pas, on ne se drogue pas… Notre seul vice : le goût de la cellulite ! (rires). Y’a même un producteur qui nous a dit :“you disrespect rock’n'roll !”

Votre actu ?
Là, on est très fiers de faire la tournée de Justice, on revient d’Angleterre et ensuite (en mars, du 3 au 31) on part aux States. On jouera même au Madison Square Garden.

Votre meilleur souvenir ?
En juin 2007, à l’île de Wight, avec les Stones dont nous sommes fans… ça fait toujours plaisir !

Propos recueillis par Isabelle Jeannerot, le 21 février 2008 à l’Espace culturel Leclerc (Niort).


Add comment 8 mars 2008

Les MDF ont la trouille, pas vous ?

mdf.jpg“La vie c’est vachement bien, j’voudrais pas rater la fin !” (euh… moi non plus d’ailleurs). C’est - entre autres - l’un des cris du cœur lancés par les MDF pour leur retour sur scène, le 15 décembre au Camji. Comment ? Vous ne connaissez pas les Manches de fourche, ces chansonniers qui “cultivent l’amour de la campagne, les fleurs en plastique et un romantisme qui sent bon l’ensilage” ? En 2005, on les quittait rigolards un brin déjantés dans le décor coloré de leur “live de jardin”. Après deux heures de bonne poilade.

Deux ans plus tard, changement total de décor, tout est dit avec le titre de leur nouveau spectacle : La Trouille. Exit les accessoires plus improbables les uns que les autres, exit les fleurs, la paille et les tons 70’s. Ambiance minimaliste en noir et pâles lumières pour une sévère plongée dans la chanson dite “néo-réaliste”. Aïe, on sent que ça va faire mal, les MDF ont viré tristes comme leur sujet.

Et puis, la musique se fait plus électrique, sans doute avec l’apport de Nico à la basse-contrebasse et aux machines. Et puis, on remarque quelques rescapés : le béret noir de Sam, la casquette rouge de Jipé, les doubles bretelles et les Marcel. Et puis, chassez le naturel… Un rap terrible fait la guerre aux mouchoirs, des riffs ravageurs font la chasse aux araignées, tandis que M. Propre et sa crête de coq s’attaquent aux produits chimiques, que le funk “kiffe la life” et que le blues pue l’alcool. Hasard - ou pas ? - les MDF sont bien dans l’air du temps, cette ère ultratechnologique où il est si facile de se “parler” sur Internet plutôt que de se rencontrer dans la “vraie” vie. Où, dans chaque instant de notre vie, on plie l’échine. De peur…


Add comment 17 décembre 2007

Les chroniques auxquelles vous avez échappé

Mes concerts préférés ces dernières années

Albin de la Simone (mars 2006) - Asyl (novembre 2004) - Ben Ricour (mars 2006) - Big Mama (décembre 2005) - Björn Berge (mai 2005) - Chumbawamba (octobre 2005) - Debout sur le zinc (septembre 2007) - Deportivo (mars 2005) - Dionysos (avril 2006) - Dobacaracol (novembre 2006) - Dr Israël & Seven (novembre 2005) - Grimskunk (avril 2007) - Guem (novembre 2004) - Herman Düne (octobre 2007) - Higelin enchante Trénet (octobre 2005) - Kaolin (décembre 2006) - Philippe Katerine (octobre 2006) - Les Amis d’ta femme (octobre 2004) - Les Gens (octobre 2004, février 2007) - Loïc Lantoine (mars 2006) - Louis Bertignac (octobre 2005) - Macéo Parker (novembre 2005) - Mansfield Tya (mars 2006) - Marcel Kanche (janvier 2006, octobre 2006) - Mardi Gras BB (novembre 2005) - Martha High et les Shaolin Temple Defender (mars 2007) - Mass Hystéria (octobre 2007) - Néry et le Belgistan (février 2007) - No one is innocent (avril 2005) - Nosfell (mars 2005) - Olivia Ruiz (février 2007) - Piers Faccini (février 2005) - Red (février 2005) - Rhesus (décembre 2006) - Shakaponk (avril 2007) - The Ex (novembre 2004) - The Lost communist (mai 2006) - The Stranglers (novembre 2004) - Tinariwen (mars 2005) - Tokyo Sex Destruction (avril 2007) - Toumast (mai 2007) - Winston McAnuff & The Bazbaz Orchestra (février 2006) - Yann Tiersen (octobre 2006)

Photos tous droits réservés


Add comment 11 novembre 2007

Peter Von Poehl : folk blond pas con

Scorpion Grass

Quelquefois, j’aime bien arriver à un concert les oreilles vierges, en me laissant porter par le choix assuré des programmateurs. C’est ce que j’ai fait pour Peter Von Poehl, au Camji le 2 novembre. Enfin, presque. Je savais tout juste que le Suédois d’origine, craquant comme des Krisprolls, avait signé les jolies petites notes de la pub pour Clairefontaine. Qu’il avait travaillé avec Delerm. Qu’il était passé dans Taratata, une prestation que je n’avais pas trouvé top d’ailleurs. J’ai franchi le porche du Camji sans conviction aucune. Pour voir.

Pendant la première partie, le beau blond (si si !) cale sa parka dans un recoin du fond. Mais c’est quand il attrape sa guitare qu’on dirait soudain que les lumières et le son s’allument. On reste bluffés par ses balades tout en légèreté, tout en sensibilité. Sans niaiserie mais dotées d’un souffle étonnant qui ne donne sa vraie mesure qu’en live. Merci à toute l’équipe du Camji de nous avoir décroché ce moment de magie.

The Bell Tolls Five


Add comment 3 novembre 2007

Aaron prend soin de nous

AaronHier, je suis allée au concert d’Aaron à l’Espace culturel Leclerc. Alors je rectifie : j’ai écrit voici quelques jours que c’était le concert de la semaine, ce sera à n’en pas douter l’une des soirées marquantes de l’année. Sur scène, ambiance minimaliste des lumières pour un clavier-guitare-machines, une voix au timbre bien posé et une belle au violoncelle. Dans nos oreilles, un festival de couleurs et d’images. Chaque chanson se définissant comme un nouveau commencement, une étincelle dont on ne se lasse pas. Aaron, c’est bien plus que la petite musique du film qui les a propulsés dans les médias. C’est beau comme du Bach, simple mais pas simpliste comme du Beatles, fort comme du Stranglers. Pour une fois, je suis d’accord avec la presse spécialisée. Me voilà moi aussi sous le charme de ce duo par ailleurs sympathique, que les Niortais ont eu bien du mal à laisser partir après les rappels.


Add comment 27 octobre 2007

Herman Düne : géant

On les classe parmi les pionniers de l’anti-folk en France. Depuis la fin des 90’s, les Herman Düne cumulent une centaine de titres officiels sur sept albums… sans maison de disques. Jusqu’à Giant, sorti chez Emi à l’automne 2006, alors que l’un des pilliers du groupe, André, s’est installé à Berlin, sans assurer ni la promo ni la tournée. Beatniks des temps modernes, leur vie, c’est la route et la scène. Partout. Dans les bars, les rues, les salles. Le 12 octobre à l’Espace culturel Leclerc, Herman Düne a donné toute la force de son talent : solaire et généreux, prolifique et léger. Après le concert, David-Yaya (chant-guitare) et Neman (batterie) se prêtent avec nonchalance et gentillesse au jeu de l’interview par l’ingénue de service.

hermandune.jpgGiant est le titre de votre album, sorti l’an dernier. Géant… comme vous ?
Neman. On a pris ce nom car on a enregistré au Pays de Galle, dans un endroit mystérieux avec des histoires de géants, des contes. Et puis David, qui réalise toutes nos pochettes, avait envie de dessiner un géant. C’est David qui écrit les chansons.

Turner Cody a fait votre première partie et vous avez joué quelques morceaux avec lui. Ça vous arrive souvent ?
David. Oui, il fait nos premières parties depuis longtemps. On a souvent eu des premières parties qui ne nous allaient pas dans l’ambiance, ça ne met pas de bonne humeur pour jouer après (rires). On préfère prendre quelqu’un comme Turner Cody qu’on admire, c’est bien de pouvoir développer un truc avec quelqu’un quand on peut choisir.
On a enregistré sur ses trois derniers albums avec nos musiciens, c’est un plaisir et c’est pratique par rapport à l’installation des instruments quand on joue juste après. Mais même avec des gens avec lesquels on n’a pas l’habitude, on le fait, de jouer sur leur partie. Comme avec Julie Doiron ou Jeffrey Lewis.

C’est quoi les sujets qui inspirent vos chansons ?

David. Ce qui m’intéresse en fait, ce sont les chansons d’amour. En tant qu’auditeur aussi d’ailleurs. C’est le sentiment qui se marie le mieux avec les chansons.

Pourquoi ne chantez-vous qu’en anglais ?
David. J’aime ça. Je trouve ça beau. Je n’aime pas les chansons dans une autre langue, les musiques faites pour un territoire en particulier, comme s’il fallait qu’on s’adapte à la cible et au marketing. Par exemple dans cette salle, il y a plein d’affiches de groupes qui ne tournent que sur un territoire particulier. Je trouve ça déprimant. C’est sûr, si je faisais de la musique instrumentale, je ne me poserais même pas la question.
Neman. On a grandi avec la musique anglo-saxonne, nous n’avons pas d’affinités avec la musique française.
David. La musique française, ce n’est pas ce que j’écoute. C’est un milieu renfermé sur lui-même, et j’aurais trop peur de me faire renfermer avec les autres !

Justement, quelles sont vos influences ?
David. Essentiellement la musique américaine des années 1953-1973. Il y a une déferlante de groupes et de chansons incontournables, je ne pourrais pas les citer tous. Chuk Berry, Léonard Cohen, Bod Dylan, Hooker….

On se sent transporté aux États-Unis quand on vous écoute…
David. C’est un pays que j’adore à plusieurs égards. Et pour plein de raisons. Là-bas je suis un étranger puisque j’ai la nationalité suédoise, mais c’est là-bas que je me sens chez moi. C’est un pays qui nourrit facilement la création, où il n’y pas de formes établies. Contrairement à d’autres où la chanson est comme un patrimoine national…

Qu’est-ce qui vous inspire après tout ce temps pour écrire des chansons ?
David. Les mots eux-mêmes dans la langue anglaise, un agencement, des consonances. On croit savoir pourquoi on écrit et quelquefois, des années après, on se rend compte que non, ce n’était pas une idée. Juste jouer avec les mots.

Propos recueillis par Isabelle Jeannerot


Add comment 14 octobre 2007

Debout sur le zinc au Camji

La saison a démarré très fort au Camji samedi dernier. Avec les Debout sur le zinc, sept gars unis par le plaisir de jouer et un nom sorti du chapeau de Prévert. Salle comble pour deux heures de concert enfiévré, où William pieds nus à la contre-basse semble comme en transe, où les instruments changent de mains pour un titre expérimental (Chloée), où les mots résonnent aussi fort que les notes.

Ni fatigué ni blasé, Simon Mimoun m’accorde gentiment après le concert cette interview, publiée sur le site de Rue89.

Photo : Lucie Sundermeijer, avec l’aimable autorisation du Camji.


Add comment 5 octobre 2007


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