Archive for 27 janvier 2008

Les Traîne-Savates en panne ?

Traîne SavatesJ’ai déjà eu l’occasion, ici et là, de dire tout le bien que je pense des Traîne-Savates, cette fanfare qui met du soleil dans nos rues, dans nos cœurs. J’ai même été la première à leur consacrer un article, à leurs tout-débuts. Avec les danseurs d’Ego, ces 11 musiciens tombés dans le funk seront sur la scène du Moulin du Roc en juin pour une nouvelle création : Rencontre d’un second genre.

J’aime bien Loïc Poinsenet, c’est l’un de ces jeunes gens souriants et positifs qui se remuent pour que les choses changent. Alors je suis un peu tombée de ma chaise quand j’ai reçu, comme d’autres, son message en forme de SOS :

“Aujourd’hui marque la fin d’un rêve… celui de croire qu’en étant artiste actif et surtout un grand amoureux des arts de la rue j’allais pouvoir vivre de ce rêve.
Utopie aux regards des Assédic, quelle chance d’être fonctionnaire plutôt que de croire que ma place était dans les arts. Alors je pense laisser quelques traces de mon passage en ayant œuvré pour que la Fanfare Les Traîne-savates soit reconnue parmi les professionnels.
[...] Oui, aujourd’hui, on me reproche d’avoir été fonctionnaire et qu’en la quittant [la fonction publique] je pourrais « PROFITER » des allocations-chômage. [...] J’y crois encore mais je n’ai pas le droit à ce statut. La loi est ainsi faite, je retourne gentiment rejoindre les rangs de la Ville de Niort pour parfaire mes qualités d’agent d’entretien, mais je n’oublierai certainement pas de venir vous voir, vous tous qui faites de la rue l’endroit le plus propice aux rencontres, celles du sourire des gens et l’admiration de chacun de nos confrères.”

Il semble, notamment depuis la publication d’un article dans la presse locale (lire le Courrier de l’Ouest du 28 janvier), que les choses puissent s’arranger. Je ne veux pas croire le contraire. Quoique. Dans un Sarkoland dévasté, on peut s’attendre à tout, et surtout au pire. Car pendant d’un artiste essaie tout simplement de (sur)vivre, Bling Bling a déjà “effectué l’équivalent de près de dix fois le tour de la terre dans son avion” (Libération). Ce “super-président”, ridiculisé par la presse étrangère, qui fait la honte du pays des droits de l’homme partout dans le monde (cf. extraits de Courrier international rudement bien choisis chez Olivier Bonnet).


Add comment 27 janvier 2008

L’invité du dimanche : Théo Richard

A Niort ou ailleurs, je hais les dimanches, promesses de “petits plats dans les grands” et d’obligatoires balades. Raison pour laquelle j’inaugure aujourd’hui cette nouvelle rubrique. Théo Richard, programmateur du Camji, me fait l’amitié d’essuyer les plâtres.

Théo RichardQu’est-ce que tu fais à Niort le dimanche ?
En général, je pars de Niort le dimanche pour aller me promener sur la côte ou dans le Marais, où habitent mes parents. Ou alors je dors.

Et sinon, les autres jours ?
Je passe beaucoup de temps sur l’ordi, je suis un vrai accro ! Et c’est pratique dans le cadre de mon travail. Et puis, j’écoute environ 20 disques par jour, soit ceux que je reçois pour faire la programmation du Camji (j’en reçois une trentaine par semaine), soit ceux que j’aime bien.

Qu’est-ce que tu trouves “nice” à Niort ?
J’aime bien la ville au niveau de son agencement, j’adore l’esplanade de la Brèche maintenant. Et aussi la tranquillité, le positionnement géographique à une demi-heure de La Rochelle.

Qu’est-ce qui est rock’n'roll à Niort ?
Le Camji ! A mon sens, Niort n’est pas une ville “rock’n'roll” à proprement parler, elle est un peu trop paisible quelquefois. Pour moi, rock’n'roll, c’est faire bouger les gens, les provoquer gentiment.

Que faudrait-il pour que Niort soit plus rock’n'roll ?
Logo CamjiEssayer de casser son côté “pépère”. A part L’Eclusier, il n’y a pas de vrai rockeur qui tienne un lieu alternatif ici. Comme par exemple le Jardin moderne à Rennes qui réunit une bibliothèque, des ordinateurs, une salle de concert, un bar branché. Cela crée de l’émulation même entre midi et deux. S’y cotoient des ouvriers de l’usine du coin, des rockeurs qui répètent, des lecteurs de BD… C’est dommage qu’il n’existe pas à Niort d’endroit de ce genre pour un métissage culturel. On aurait aimé que ce soit ici, au Camji, mais ce n’est pas possible car le lieu n’est pas très bien placé et les gens ne feraient peut-être pas l’effort de venir en sous-sol. On aurait souhaité être une plaque tournante où il se passe plein de choses, avec des rencontres. Les choses seraient différentes si les studios de répétition étaient ici avec nous, mais la configuration du lieu ne s’y prête pas.


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