Le service public est notre richesse

Je relaie, comme beaucoup d’internautes quoique avec quelque retard, l’appel lancé le 15 avril par la Fédération syndicale unitaire contre le dernier (sic ?) cheval de bataille du Sarkoland : la destruction programmée de notre service public. Qui peut encore prétendre que les choix du gouvernement au niveau national n’impactent pas les politiques locales ? Quand les Français comprendront-ils qu’avoir un service public de qualité, ce n’est pas une question de coût, mais bien un choix de société ?

Voici le texte :

150 000 jeunes qui sortent chaque année sans diplôme du système scolaire, une crise du logement sans précédent depuis les années 1950, des inégalités qui se creusent de façon dramatique, des enjeux environnementaux colossaux, le défi démographique, l’innovation et la croissance à la traîne… Dans un tel contexte, chercher à accroître l’efficacité de l’action publique, c’est mieux mettre en œuvre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Cela exige que la satisfaction des besoins essentiels soit reconnue comme un droit fondamental. Cela implique le choix d’une société solidaire, la maîtrise des biens communs et l’activité efficace de Services publics indispensables au développement économique, social et culturel. Face à la montée des inégalités, ils sont garants de l’exercice effectif des droits.
L’intérêt général a besoin de personnels dont la qualification soit reconnue, présents sur tout le territoire et non de salariés interchangeables et corvéables à merci ; de solidarité et non de concurrence ; de stabilité et non de précarité ; de sens des responsabilités et non de docilité ; d’indépendance et non de soumission aux intérêts particuliers. Toutes choses que le statut des fonctionnaires, mis en œuvre depuis la Libération, a contribué à réaliser.

Mais ce n’est pas du tout ce à quoi nous assistons actuellement : de fusion en restructuration, d’externalisation en privatisation et de flexibilité en précarité, une vaste opération de destruction des fondements du Service public et de la Fonction publique s’accélère sous nos yeux. La « Révision générale des politiques publiques » (RGPP) est le plus récent développement de cette campagne dirigée par le gouvernement, encouragée par le patronat et menée par des cabinets privés. Elle s’attaque frontalement à l’ensemble de la Fonction publique d’État, Territoriale et Hospitalière. Comme déjà dans d’autres secteurs (Poste, EDF, télécommunications, transports…), cela signifie la détérioration organisée des services rendus au public, ouvrant la voie à la privatisation des activités les plus profitables, à la disparition de nombreuses autres.

Contrairement à ce qu’il prétend, le Président de la République n’a reçu aucun mandat pour remettre en cause ces acquis essentiels. Avec son gouvernement, il considère l’action publique comme une dépense, jamais comme une source de richesse. Creusant les déficits par sa politique fiscale, il veut réduire au maximum les dépenses d’intérêt général dans les secteurs de la famille, du logement, de la santé, de la solidarité, de l’emploi formation. Il refuse de répondre par des créations d’emploi à la situation critique de l’hôpital public. Il programme de nouvelles coupes claires dans les effectifs de fonctionnaires de l’Etat (160 000 suppressions en quatre ans). Il décharge l’État de nombreuses missions en les renvoyant vers les collectivités territoriales sans pour autant leur donner les moyens de développer de vrais services publics locaux et démocratiques, programmant le corsetage de l’emploi public territorial.

Comme l’a clairement résumé le Premier ministre le 10 octobre 2007 « La réforme de l’État supposera que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’État sur son territoire. »

Nous ne l’acceptons pas !

Aux cotés des usagers, agents, élus, qui se battent quotidiennement pour le maintien et l’amélioration de services publics de proximité :

Nous sommes partisans d’une modernisation de la Fonction publique en réponse à l’évolution marchande, inégalitaire et destructrice de la société.

Nous voulons une véritable démocratisation de la décision, du contrôle et de l’évaluation associant citoyens et agents.

Nous voulons une réforme fiscale assurant un financement équitable et pérenne des missions de service public.

Nous réaffirmons que le statut des fonctionnaires est là pour garantir à tous les usagers la défense d’un intérêt général qui ne se réduit pas à la somme des intérêts particuliers.

Nous lançons un appel à une vaste mobilisation citoyenne pour mettre un terme à cette politique destructrice. Organisons un débat démocratique, sans a priori, sur les besoins en services publics, sur les rôles respectifs de l’Etat et des collectivités locales et la place des agents publics.

Contre la RGPP, rassemblons-nous autour des valeurs de solidarité, de justice et d’efficacité économique et sociale de tous les services publics.

Pour signer la pétition, c’est ici.

Liberté, égalité, fraternité… Ou je tire la chasse ?

Nota : la photo ci-dessus n’est pas un trucage, il s’agit de l’installation qu’un artiste norvégien a réalisée à Oslo.

Add comment 29 avril 2008

Kisskill et la quête de l’oiseau du temps

Dans La quête de l’oiseau du temps, la célèbre série de Loisel et Le Tendre, elle apparaît dans le quatrième et dernier volume, L’œuf des ténèbres (1). Elle, c’est Kisskill, servante des dieux et gardienne de l’œuf de l’oiseau du temps, clé de cette BD culte. Kisskill, c’est le nom que j’avais choisi de donner à mon chat. Pendant 16 ans, elle a partagé ma vie, et puis… Kisskill s’en est allée ce lundi 7 avril à 19 heures. En dernier hommage, voici son interview imaginaire.

Qu’est-ce que tu fais à Niort le dimanche ?

Ma maîtresse et sa fille s’en vont le week-end à la campagne, elles ne m’emmènent pas souvent car je suis malade en voiture. Alors je dors, je les attends sagement.

Et sinon, les autres jours ?

Bah… un peu pareil ! Ce que j’adore, c’est essayer tous les lits, plus le canapé, le fauteuil, les coussins… Je suis du genre calme, je ne griffe pas ni ne mords, je ne réclame jamais ma gamelle, je fais des câlins… Je suis un chat parfait !

Qu’est-ce que tu trouves “nice” à Niort ?

Rien ! Je me suis toujours demandé ce que ma maîtresse trouvait intéressant ici… Avant, on vivait au vert, j’avais un terrain de chasse gigantesque, près des champs et de la forêt. Ici, c’est riquiqui, tous les chats du quartier s’invitent sans mon autorisation, ils sont si mal élevés ! Et puis, c’est plein de voitures qui polluent et font du bruit.

Qu’est-ce qui est rock’n'roll à Niort ?

Je ne saurais dire et vraiment cela ne m’intéresse pas. Cette musique de sauvages me fait fuir.

Que faudrait-il pour que Niort soit plus rock’n’roll ?

Je préfère ne pas y penser !

(1) Evidemment, c’était avant que ne sorte, 10 ans plus tard, un deuxième cycle…

Add comment 10 avril 2008

J’adore Niort !

J’adore Niort

Niort j’adore, l’idée peut paraître saugrenue pour ces Niortais de souche ou d’adoption aussi prompts à dénigrer leur ville qu’à sortir comme les cagouilles sous la pluie.

J’adore Niort !, c’est le buzz qui tourne en ce moment en ville, sous l’impulsion d’un collectif qui rassemble les acteurs de la scène niortaise. On imagine assurément le label La Baleine, qui fêtera ses dix ans au Batofar en mai, dans le coup. Mais aussi quelques trentenaires musiciens, programmateurs de concerts, photographes ou tout simplement Niortais qui défendent leur ville avec humour sinon ironie. Et si c’était sérieux ?

Concrètement, on a vu apparaître depuis peu, essentiellement dans les concerts, des décapsuleurs, des badges… Evidemment, je ne pouvais qu’adhérer à cette initiative aussi originale que débridée. Evidemment, je ne pouvais choisir que du rose… A quand le tee-shirt ?

Teeshirt Niort j’adore

Contact : Eric Surmont, DJ et coproducteur de concerts.

1 comment 29 mars 2008

Fumuj, le robot et les crevettes chinoises

Fumuj en résidence

The Robot and the Chinese Shrimp, deuxième album résolument électro des jeunes Fumuj, vient de sortir. Un opus taillé pour la scène qui a donné toute sa mesure à la Cigale la semaine dernière lors d’une soirée en compagnie des grands-frères d’Ez3kiel. C’est au Camji que les p’tits gars de Fumuj ont peaufiné leur show en février. Retour sur expérience.

Pourquoi avoir choisi Niort et le Camji pour cette résidence ?
En fait, c’est la galère pour trouver des résidences. Nous, à Tours, même si on a plein de groupes, on n’a pas de salles, surtout pour dix jours, c’est long. C’est Christelle, notre tourneuse, qui l’a trouvée.

Quels sont les objectifs de la résidence ?
L’album est prêt. Maintenant, nous devons caler le set, les arrangements, l’enchaînement des morceaux, le son, les lumières…

Avant, le sixième membre du groupe, c’était l’ordi. On l’a viré. C’était lui qui balançait tout sur scène, ce qui faisait la trame du concert. L’inconvénient, c’est qu’on était obligés de s’y tenir, ça ne laissait pas beaucoup de place à l’impro.

Comment vous êtez-vous senti sur scène pour ce premier concert ?
C’était typique d’une fin de filage, dans un endroit qu’on connaissait bien, comme un local de répétition.

On est un groupe “nature”. Le plus important pour nous, c’est de prendre plaisir à jouer et que les gens le voient. Des fois, les groupes masquent leur ennui par un jeu de scène, ce n’est pas notre truc, on ne fait pas du théâtre ! On a envie que les gens se dépensent, passent un bon moment. Dans un concert, tu te transcendes, parce que l’ambiance te porte. Ici à Niort, le public est attentif, sérieux. Mais on aurait aimé aussi qu’il soit un peu plus festif.

En dix jours, que retiendrez-vous de Niort ?
Pas grand-chose, à part le Camji et le FJT… On a bossé tout le temps ! Sauf qu’on a été super bien accueillis au Camji et que Niort est une jolie ville, mignonne.

Propos recueillis les 23 et 29 février au Camji. 

Fumuj concert

En cadeau bonux, la (courte) vidéo de fin de résidence.

Add comment 29 mars 2008

Fancy fantaisie

Fancy

L’autre soir donc, je suis allée à l’Espace culturel Leclerc pour voir les Hushpuppies. En entrée de plateau, le premier groupe, Friction, ne m’a pas vraiment convaincue, avec son electronika-rock-punk qui “tourne en rond sans jamais démarrer”, comme dirait mon pote le pianiste de jazz (JPA, si tu passes par là…). Au deuxième round, c’est Fancy qui crée la surprise. Déjà avec son look glam de Drags sans talons mais à paillettes et fanfreluches, qui a d’ailleurs séduit aussi bien le magazine Elle que Jalouse avec cette chouette photo de Mondino (ci-dessus). Ensuite grâce à un son propret et la voix haut perchée de Jessie Chaton (ça s’invente, un nom pareil ?), des débuts salués par tous les chroniqueurs spécialisés : Rock & Folk, Inrock, Trax ou Technikart. Il y a chez ces p’tits gars comme un son Marshal d’AC/DC, un rien de provoc à la Kiss granguinol, un soupçon du génie baroque qu’on aimait chez Queen. Enfin et surtout une vraie “rock’n'roll attitude” et une énergie vite communicative. Quand Friction nous avait presque endormis, en deux-trois chansons Fancy a réussi l’exploit de se mettre le difficile public niortais dans la poche. Avec un premier album, Kings of the worlds, dans les bacs depuis octobre dernier, Fancy semble paré pour conquérir le monde.

Fancy Niort

Après le concert, retour sur Terre et interview express avec Jessie Chaton (chant) et Rae Mone (basse).

Vous venez d’où ?
De région parisienne, à Montreuil exactement, dans le 9-3.

Votre label ?
Exclaim, du groupe BMG/Universal.

Votre nom ?
Fancy, c’est une lubie, une envie, une fantaisie… Le mot semble avoir été créé pour nous !

Vos âges ?
Dans le monde de Fancy, tout le monde a 17 ans.

Votre secret ?
On ne boit pas, on ne se drogue pas… Notre seul vice : le goût de la cellulite ! (rires). Y’a même un producteur qui nous a dit :“you disrespect rock’n'roll !”

Votre actu ?
Là, on est très fiers de faire la tournée de Justice, on revient d’Angleterre et ensuite (en mars, du 3 au 31) on part aux States. On jouera même au Madison Square Garden.

Votre meilleur souvenir ?
En juin 2007, à l’île de Wight, avec les Stones dont nous sommes fans… ça fait toujours plaisir !

Propos recueillis par Isabelle Jeannerot, le 21 février 2008 à l’Espace culturel Leclerc (Niort).

Add comment 8 mars 2008

Le FLN : acte III

Le Front de libération niortais frappe encore une fois. Après les armes (ou serait-ce un pied de micro ??) et la barque de Buraglio, le voilà qui s’en prend à nos valeureux Chamois ! On me murmure dans l’oreillette et de source sûre que l’auteur de ces amusements divers n’est autre que le conteur Yannik Jaulin. Mais jusqu’où s’arrêtera-t-il ?

2 comments 7 mars 2008

Hushpuppies : I want my Kate Moss

HushpuppiesVoilà du rock’n'roll comme on l’aime, servi par cinq belles petites gueules au look impeccable : les Hushpuppies. Comme leur nom ne l’indique pas, ces trentenaires sont Français, originaires de Perpignan. Leurs influences, plutôt sixties : Kinks, Who, Led Zep, mais aussi Herman Düne, Gainsbourg ou Nino Ferrer. Un premier opus, The Trap, sorti en 2005, dont le titre You’re Gonna say yeah, en dehors d’avoir été utilisé pour une pub, s’avère aussi vitaminé que jubilatoire (voir la vidéo). Grandi par la scène à la force du poignet, le groupe vient de sortir un nouvel album, Silence is Golden. “Il faut le prendre avec ironie, expliquent-ils dans leur interview aux Inrocks. Le «silence est d’or», ça veut dire que si tu te tais, tu ne vas pas faire de vagues, et vivre ta vie sans te soucier de ce qu’il se passe autour. Et c’est ce qu’on dénonce.” Avec notamment ce morceau en forme de pamphlet (en écoute sur le Myspace) : Bad taste and gold on the doors, et son refrain I want my Kate Moss [ex-petite amie du rockeur Pete Doherty] : “Aujourd’hui, on t’en met plein la vue, plein les yeux pour te faire oublier l’essentiel.”

Après Bourges, les Vieilles Charrues et la Cigale, les Hushpuppies seront à Niort le 21 février à l’Espace culturel Leclerc. Avec Fancy et Friction, la soirée promet d’être plus agitée que jamais… En plein hiver, du bon rock’n'roll made in France, ça ne se refuse pas, yeah !

Add comment 18 février 2008

Quelqu’un m’a dit

Parodie de Katerine parodiant… qui vous savez.

2 comments 15 février 2008

L’invité du dimanche : Olivier Bonnet

Olivier BonnetCe dimanche, j’ai choisi d’inviter quelqu’un de spécial, qui ne répondra pas à mes questions niorto-rock’n'roll : Olivier Bonnet, parce qu’il vient de suspendre Plume de presse. Malgré 4 000 visiteurs par jour et un excellent classement dans le petit monde des blogs (4e de la catégorie politique par Wikio). J’aimais bien les chroniques de ce journaliste engagé, précieux éclairages sur des sujets aussi divers que la laïcité en danger, le paquet-cadeau fiscal aux plus riches ou la hausse du gaz. Une lecture ô combien salutaire depuis quelques mois. J’avais bien compris l’objectif de cet “intellectuel précaire”, comme on dit joliment (sic), qui accomplissait là un réel travail d’investigation et de recherche : écrire malgré tout, fut-ce gratuitement, “s’offrir” le support idéal (le sien). Un travail par ailleurs reconnu. Mais pas à sa juste mesure. Car dans le monde d’Internet comme dans la vraie vie - et malgré cette révolution qu’on nous vante depuis si longtemps - ce sont toujours les mêmes qui ont le choix et les armes : le nerf de la guerre.

Plume de presse est en sommeil, ses lecteurs en panne. Olivier Bonnet se consacre à l’écriture d’un livre, Sarkozy, la grande manipulation. On attend son retour avec impatience, il va nous manquer. Pour l’heure, on peut toujours le soutenir, ici.

1 comment 10 février 2008

Où va la culture ?

Où coule la culture à Niort… à part au fond de la Sèvre, comme la barque de Buraglio ? Le Front de libération niortais pose la question. Moi aussi d’ailleurs.

1 comment 10 février 2008

L’invité du dimanche : Marcel Kanche

Marcel KancheCette semaine, dimanche rime avec Marcel Kanche. Pour mémoire, ce Niortais d’adoption est l’auteur qui a signé avec M, excusez du peu, les tubes Qui de nous deux et Divine Idylle de Vanessa Paradis. L’artiste s’apprête à sortir, le 18 février, un de ces albums magnifiques dont il a le secret, Dog songe. 10 chansons qui donnent le frisson, envie d’aimer la vie, la musique, le monde… Avec son ton aussi concis que percutant, le magicien des mots a bien voulu se prêter au jeu des questions pour Nice in Niort.

Qu’est-ce que tu fais à Niort le dimanche ?
Je vais à la messe du marché et je range le travail de la semaine.

Et sinon, les autres jours ?
Chacun de mes jours est à inventer.

Qu’est-ce que tu trouves “nice” à Niort ?
Niort est mon Nice.

Dog songeQu’est-ce qui est rock’n’roll à Niort ?
Rien et c’est pourquoi j’y suis bien.

Que faudrait-il pour que Niort soit plus rock’n’roll ?
Quand Niort sera rock’n'roll, je partirai et cela sera rock’n'roll.

Add comment 3 février 2008

Les Traîne-Savates en panne ?

Traîne SavatesJ’ai déjà eu l’occasion, ici et là, de dire tout le bien que je pense des Traîne-Savates, cette fanfare qui met du soleil dans nos rues, dans nos cœurs. J’ai même été la première à leur consacrer un article, à leurs tout-débuts. Avec les danseurs d’Ego, ces 11 musiciens tombés dans le funk seront sur la scène du Moulin du Roc en juin pour une nouvelle création : Rencontre d’un second genre.

J’aime bien Loïc Poinsenet, c’est l’un de ces jeunes gens souriants et positifs qui se remuent pour que les choses changent. Alors je suis un peu tombée de ma chaise quand j’ai reçu, comme d’autres, son message en forme de SOS :

“Aujourd’hui marque la fin d’un rêve… celui de croire qu’en étant artiste actif et surtout un grand amoureux des arts de la rue j’allais pouvoir vivre de ce rêve.
Utopie aux regards des Assédic, quelle chance d’être fonctionnaire plutôt que de croire que ma place était dans les arts. Alors je pense laisser quelques traces de mon passage en ayant œuvré pour que la Fanfare Les Traîne-savates soit reconnue parmi les professionnels.
[...] Oui, aujourd’hui, on me reproche d’avoir été fonctionnaire et qu’en la quittant [la fonction publique] je pourrais « PROFITER » des allocations-chômage. [...] J’y crois encore mais je n’ai pas le droit à ce statut. La loi est ainsi faite, je retourne gentiment rejoindre les rangs de la Ville de Niort pour parfaire mes qualités d’agent d’entretien, mais je n’oublierai certainement pas de venir vous voir, vous tous qui faites de la rue l’endroit le plus propice aux rencontres, celles du sourire des gens et l’admiration de chacun de nos confrères.”

Il semble, notamment depuis la publication d’un article dans la presse locale (lire le Courrier de l’Ouest du 28 janvier), que les choses puissent s’arranger. Je ne veux pas croire le contraire. Quoique. Dans un Sarkoland dévasté, on peut s’attendre à tout, et surtout au pire. Car pendant d’un artiste essaie tout simplement de (sur)vivre, Bling Bling a déjà “effectué l’équivalent de près de dix fois le tour de la terre dans son avion” (Libération). Ce “super-président”, ridiculisé par la presse étrangère, qui fait la honte du pays des droits de l’homme partout dans le monde (cf. extraits de Courrier international rudement bien choisis chez Olivier Bonnet).

Add comment 27 janvier 2008

L’invité du dimanche : Théo Richard

A Niort ou ailleurs, je hais les dimanches, promesses de “petits plats dans les grands” et d’obligatoires balades. Raison pour laquelle j’inaugure aujourd’hui cette nouvelle rubrique. Théo Richard, programmateur du Camji, me fait l’amitié d’essuyer les plâtres.

Théo RichardQu’est-ce que tu fais à Niort le dimanche ?
En général, je pars de Niort le dimanche pour aller me promener sur la côte ou dans le Marais, où habitent mes parents. Ou alors je dors.

Et sinon, les autres jours ?
Je passe beaucoup de temps sur l’ordi, je suis un vrai accro ! Et c’est pratique dans le cadre de mon travail. Et puis, j’écoute environ 20 disques par jour, soit ceux que je reçois pour faire la programmation du Camji (j’en reçois une trentaine par semaine), soit ceux que j’aime bien.

Qu’est-ce que tu trouves “nice” à Niort ?
J’aime bien la ville au niveau de son agencement, j’adore l’esplanade de la Brèche maintenant. Et aussi la tranquillité, le positionnement géographique à une demi-heure de La Rochelle.

Qu’est-ce qui est rock’n'roll à Niort ?
Le Camji ! A mon sens, Niort n’est pas une ville “rock’n'roll” à proprement parler, elle est un peu trop paisible quelquefois. Pour moi, rock’n'roll, c’est faire bouger les gens, les provoquer gentiment.

Que faudrait-il pour que Niort soit plus rock’n'roll ?
Logo CamjiEssayer de casser son côté “pépère”. A part L’Eclusier, il n’y a pas de vrai rockeur qui tienne un lieu alternatif ici. Comme par exemple le Jardin moderne à Rennes qui réunit une bibliothèque, des ordinateurs, une salle de concert, un bar branché. Cela crée de l’émulation même entre midi et deux. S’y cotoient des ouvriers de l’usine du coin, des rockeurs qui répètent, des lecteurs de BD… C’est dommage qu’il n’existe pas à Niort d’endroit de ce genre pour un métissage culturel. On aurait aimé que ce soit ici, au Camji, mais ce n’est pas possible car le lieu n’est pas très bien placé et les gens ne feraient peut-être pas l’effort de venir en sous-sol. On aurait souhaité être une plaque tournante où il se passe plein de choses, avec des rencontres. Les choses seraient différentes si les studios de répétition étaient ici avec nous, mais la configuration du lieu ne s’y prête pas.

Add comment 27 janvier 2008

Le FLN vient de frapper

Le FLN (Front de libération niortais) vient de frapper… un grand coup (d’humour) dans la campagne des municipales. Salutaire en ces temps troublés, non ?

3 comments 24 janvier 2008

Rock’n'roll politique

Je pensais tenir ce blog éloigné de la politique. Et pourtant… Tout est affaire de choix politique dans la vie, d’autant plus à la (courte) échelle d’une ville. Et pourtant, à Niort, on n’a peut-être pas de realpolitik (quoique), mais on a la “rock’n'roll politique”. On devrait en rire… si ce n’était à pleurer. En ce début d’année, la guerre des tranchées commence. Elle promet d’être aussi saignante que 14-18. Mais pas forcément où l’on croit.

Pas moins de trois (si je compte bien…) listes de gauche : une officielle (celle de Geneviève Gaillard), une non-officielle (celle d’Alain Baudin) et une dissidente (celle de Joël Renoux). Cherchez l’erreur et chacun y retrouvera ses petits. Ou non.

Petit tour des forces en présence avant la bataille qui s’annonce aussi sévère que celle qui opposa, en un temps qu’on croyait révolu, Ségolène Royal et Bernard Bellec (avec Alain Baudin déjà aux avant-postes, comme c’est bizarre).

nsc-accueil.jpgGeneviève Gaillard, la députée brillamment réélue en juin, officiellement investie par le Parti socialiste. Qui a réussi le tour de force de rassembler dès le premier tour les militants de la gauche unie (PS, PC, Verts et PRG) autour de son projet Niort Solidarité Capitale. Ses plus ardents détracteurs ? Ses propres “camarades” du PS devenus frères ennemis, qui brandissent comme seul étendard leur farouche opposition au non-cumul des mandats (parce qu’avec un fauteuil de maire plus un à la CAN et un autre à la Région, Baudin n’est pas cumulard ?). Pendant que d’aucuns se tortillent sur leur siège éjectable, Geneviève Gaillard écoute les propositions des Niortais et s’apprête à présenter un projet qui donnera l’élan salutaire dont a besoin notre belle endormie.

accueil-2-niort-resolument.jpgAlain Baudin, le maire “sortant”. Je me demande encore comment peut-il sortir vu qu’il n’est pas entré (1) … n’ayant pas été élu par les Niortais. Désavoué par les militants du Parti socialiste lors de la désignation, et alors même qu’il s’était engagé à respecter leur vote (il sera bien obligé de respecter celui des électeurs), voilà Alain Baudin lancé à corps perdu (et cœur défendant) dans une campagne fratricide pour conserver son moelleux fauteuil. A ses côtés, le soutien d’une nouvelle association, Niort Résolument qui a son siège à l’hôtel municipal de la vie associative (tiens donc ?) et ne brille pas par son orthographe (comme ses copains du Modem d’ailleurs). Roule aussi pour lui la section “dissidente” du PS, qui se permet d’afficher sur son site le logo au poing et à la rose alors que la création de ladite section a été officiellement refusée, ce me semble, à la fois par les instances départementales et nationales du Parti. En entretenant surtout, et avec une délectation guère dissimulée, la confusion dans l’esprit de tous. Le comble : elle invite les militants à demander leur transfert vers… cette nouvelle section qui n’a pas d’existence légale ! Ce pourrait être drôle si ce n’était si grotesque.

accueil-modem.jpgLe Modem qui, comme partout en France, voudrait bien se faire une place au soleil… Où qu’elle soit ! En tentant de faire oublier l’ancienne UDF chère à Giscard, dont les représentants ministres sont alliés à Sarkozy après avoir voté les lois du gouvernement Raffarin d’abord, Villepin ensuite. Et on veut nous faire croire qu’ils font fi des clivages politiques ? Comme le dit la chanson de Dutronc, ils retournent leur veste, toujours du bon côté. A Bordeaux, ils ont rejoint la droite de Juppé, tout comme à Parthenay celle d’Argenton. A Niort, c’est la prétendue gauche d’Alain Baudin - est-ce une surprise ? Sûr, ça doit être chaud les réunions du comité départemental ! “Réveillez-vous”, qu’il dit, Olivier Decroix, sur le site du Modem79. Il a raison le bougre, faut se bouger les gars : sur le blog, on cherche partout les raisons/explications de ce ralliement… en vain. Même certains militants sont tombés de l’armoire, paraît-il. Belle leçon de “démocratie” en tout cas.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Vous croyez naïvement que le PC, les Verts et le PRG soutiennent la candidate officielle, Geneviève Gaillard ? Cela devrait être la logique, et c’est effectivement le cas des instances locales dûment accréditées représentées. Sauf que les élus sortants de ces mêmes partis se sont rangés, eux… du côté d’Alain Baudin. Euh, ça ne les gêne pas un tout petit peu de se retrouver aux côtés de la droite ? C’est sûr, Niort mérite plus que jamais son slogan de “ville de tous les sports”.

Vous suivez toujours ? Comme, ici, on ne fait jamais les choses à moitié, s’est aussi déclarée Avenir niortais, la liste de Joël Renoux, en dissidence du PS depuis… longtemps. Avec pour mot d’ordre : “la baisse des impôts doit être un principe de bonne gouvernance”. Si avec ça on ne lorgne pas vers la droite, j’y perds mon latin…

Pendant ce temps-là, Marc Thébault se frotte les mains tout en affichant enfin, succès de la vague bleue oblige, son appartenance à l’UMP de Sarko. Il décline sa campagne sous le titre Niort d’abord (c’est d’un original !), avec un (grand) portrait en pied (comment ça, un égo démesuré ?) du monsieur en costard noir, la main tendue vers son (petit) post-it aux “mille idées” : 24 à ce jour, mais le dénommé “jmp” compte triple (au moins). Pour une liste d’ouverture… à la façon du petit Nicolas et avec les mêmes cafouillages dans les rangs ?

Alors, on est en droit de se poser la question : à qui profite le crime ?

A la presse régionale, qui vend son papier tout en ménageant la chèvre et le choux (on ne sait jamais) ? Aux blogueurs locaux, qui font leurs délices de ce “muppet show” niorto-niortais (cité sur le blog de Lihns, qui commence comme son copain Fraise à ratisser réac dans les grandes largeurs) ? Aux Niortais, qui vont avoir le choix, au risque d’éparpiller leur vote et de perdre la raison ? A la droite, qui n’en aurait jamais espéré tant pour avoir enfin - sur un plateau - l’occasion de ravir ce fief longtemps convoité ? A moins que Baudin et Thébault ne se soient déjà alliés en secret en prévision du deuxième tour…

Pas à la politique assurément, qui ne sort pas grandie d’une situation qui va faire mal. Et pour longtemps. Au mépris du sens premier du mot : l’art de servir la cité. Dans deux mois, les urnes auront parlé. Espérons qu’elles auront donné à Niort le nouvel élan qui lui manque pour tourner la page. Nous en avons cruellement besoin, non ?

(1) C’est des mains du maire démissionnaire qu’Alain Baudin a reçu, fin 2002, les clés de la ville. Un Bernard Bellec qui, cinq ans plus tard, réapparaît comme par enchantement opportunément en marionnettiste lors des vœux, début janvier au Moulin du Roc. Celui qui a joué son départ à la Jospin tenterait-il un retour aussi “fracassant” que son modèle ?

MAJ 22h50
J’ai écrit ce billet très tôt ce matin (ou très tard hier soir, c’est selon). En me demandant sans oser y croire si le chef de file historique de l’opposition à Niort, écarté du combat depuis le putsch de Marc Thébault, était parti à la plage ou se refaire une santé dans sa clinique. Nouvel épisode aujourd’hui dans la presse : Alain Garcia se dit prêt à rejoindre Alain Baudin ! Voilà, maintenant au moins on est fixés sur l’engagement des uns et des autres. A droite aussi, c’est rock’n'roll.

12 comments 15 janvier 2008

Previous Posts


Derniers billets

Catégories

Archives

Calendrier

mai 2008
L Ma Me J V S D
« avr    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

Blogroll

Net à Niort

Presse

Sur le journalisme et les médias